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La fédération nationale des bistrots de pays

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Publié le 24 mars 2026

Né en 1993 dans le cadre de la première programmation européenne LEADER, le réseau Bistrot de Pays illustre la capacité de certaines initiatives rurales à s’inscrire dans la durée. Soutenue notamment par l’ANCT, la Fédération Nationale des Bistrots de Pays cherche à renforcer les liens entre agriculture, tourisme et développement local. Interview de son directeur, Bastien Giraud.

/ Cheick.saidou/agriculture.gouv.fr

Le réseau Bistrot de Pays est né dans le cadre du programme LEADER. Comment cette initiative a-t-elle évolué depuis 1993 ?

Le réseau est né lors de la première génération LEADER sur le territoire du pays de Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence. L’idée est apparue lors de réunions locales autour du tourisme et a été développée avec le GAL en 1993. Pendant plusieurs années, c’est resté un projet local. D’autres territoires se sont ensuite intéressés à la démarche et l’initiative a commencé à essaimer. Et en 2003, il a été décidé de créer une fédération nationale pour poursuivre son développement. Aujourd’hui, le réseau est présent dans 45 départements.

Pour les personnes qui ne connaissent pas encore le dispositif, qu’est-ce qui définit aujourd’hui un “Bistrot de Pays” ? Quelle est la philosophie du label ?

La vocation du label est restée la même : maintenir du lien social dans les villages en s’appuyant sur le bistrot comme lieu de convivialité et de service.

Les habitants des villages constituent une clientèle essentielle, mais cela ne suffit pas toujours à assurer l’équilibre économique. C’est pourquoi nous avons fait le choix d’intégrer une restauration de terroir dans la charte et les critères d’éligibilité au label : les établissements doivent proposer à manger. Cela permet d’attirer aussi une clientèle extérieure et de consolider l’activité.

Dans beaucoup de villages, le bistrot est bien plus qu’un café ou un restaurant. Quel rôle jouent les Bistrots de Pays dans la vie sociale et économique des territoires ruraux ?

Comme le disait le fondateur de Bistrots de Pays, Bernard Reynal : « Pour qu’il y ait des accueillis, il faut des accueillants. » Le bistrot est souvent un lieu central de rencontre dans un village. Les Bistrots de Pays sont des lieux ouverts, où différentes catégories de population se croisent. Ils contribuent à maintenir une vie sociale locale et une animation dans les territoires ruraux.

Le label permet de valoriser une offre de restauration accessible et qualifiée. Dans les Bistrots de Pays, le ticket moyen tourne autour de 25 euros pour un repas en trois plats. La majorité des Bistrots de Pays propose d’autres services en complément comme l’épicerie, l’hébergement et l’organisation d’animations festives et culturelles.

Panneau signalant un "bistrot de pays".

Panneau signalant un "bistrot de pays"
Xavier Remongin/Min.agri.fr.

Comment travaillez-vous avec les agriculteurs et les producteurs locaux ?

Les circuits courts font partie de l’ADN du réseau. Dans notre grille d’évaluation, nous analysons ce que nous appelons les « trois A » : l’accueil, l’aménagement et l’assiette. C’est dans l’assiette que nous regardons les approvisionnements de proximité.

Mais les situations varient selon les territoires. Le potentiel d’approvisionnement local n’est pas le même partout et la régularité de l’offre peut aussi être un défi. Les agriculteurs et les bistrotiers ont chacun leurs contraintes : il faut réussir à faire se rencontrer l’offre et la demande.

On s’appuie sur les collectivités, les parcs naturels régionaux, les programmes alimentaires territoriaux, le LEADER... Nous travaillons aussi avec les acteurs du tourisme institutionnel : offices de tourisme, agences de développement touristique ou comités régionaux du tourisme. 

Tous mettent en œuvre des actions qui facilitent la mise en relation entre les producteurs locaux et les restaurateurs.

Quel rôle a joué le soutien de l’ANCT dans le développement du réseau ?

Pendant longtemps, nous n’avons pas bénéficié de financement de l’État, à part au tout début avec LEADER. Le soutien de l’ANCT nous a permis de structurer une stratégie de changement d’échelle et de doubler le nombre de départements couverts en quatre ans.

Comment accompagnez-vous les établissements labellisés ?

Notre objectif est d’apporter de la visibilité aux bistrots. Nous proposons des outils de communication, notamment via notre site Internet où chaque établissement dispose d’une page dédiée, ainsi qu’un travail éditorial et photographique.

Le réseau fonctionne aussi comme une communauté professionnelle : tous les bistrots labellisés sont membres de l’association. Nous venons aussi de publier le guide 2026-2027 des Bistrots de Pays. C’est un bel objet dans lequel chaque bistrot à sa page, et qu’on peut retrouver dans les bistrots et dans les offices du tourisme. 

Vous avez lancé un appel à candidatures pour labelliser de nouveaux établissements d’ici le 30 avril. À qui s’adresse-t-il ? 

Cet appel s’adresse aux bistrotiers en activité qui souhaitent rejoindre le réseau. Grâce au soutien de l’ANCT et de nos partenaires territoriaux, nous pouvons les accompagner dans la démarche de labellisation sans reste à charge.

Il concerne aussi les élus locaux, car la moitié des Bistrots de Pays sont installés dans des bâtiments appartenant aux communes. Nous accompagnons donc également les collectivités qui souhaitent relancer ou créer un bistrot dans leur village.

Pour candidater, rendez-vous sur le site des bistrots de pays.

La carte d'identité du projet

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