Retour à la Terre : Vivre ensemble en milieu rural : défis et promesses du retour à la terre - ANIMERA 1

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Publié le 26 mai 2026

Depuis cinq ans, l’association Back to Earth explore les dynamiques de migration des populations urbaines vers les campagnes. Un retour à la terre qui recouvre plusieurs réalités, notamment les enjeux liés à l’agriculture et la place des paysans dans la chaîne de valeur, le nécessaire rééquilibrage entre les villes et les campagnes, la reconnexion au vivant, aux écosystèmes et à une histoire familiale. Mais quels sont les défis et opportunités liés à ce phénomène ? Et comment faciliter l’accueil des néoruraux ?

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Vivre ensemble dans les territoires ruraux


L’étude a montré que l’installation de néoruraux ne se traduit pas par un affrontement systématique, ni par un clivage irréductible entre les nouveaux arrivants et les habitants de longue date. Dans la grande majorité des cas, les relations ne s’inscrivent ni dans le conflit ouvert ni dans l’hybridation immédiate, mais dans des cohabitations parallèles, parfois distantes.

S’il y a des tensions, c’est autour d’enjeux concrets, comme la crainte de voir des pratiques extérieures bousculer les équilibres traditionnels ou d’être concurrencé sur des ressources déjà limitées, comme le foncier. Mais pas d’opposition figée. L’enquête montre même que lorsqu’un lien se crée, il est généralement positif – pour peu que les nouveaux arrivants montrent leur attachement au territoire. Les deux populations se rapprochent progressivement et se retrouvent autour de valeurs communes telles que le respect de l’environnement, l’attrait pour le mode de vie rural et l’attachement à un territoire en quête de vitalité. Un néorural s’intègre bien dès lors qu’il travaille, s’investit dans la vie locale et en comprend les codes sociaux, tout en innovant pour la communauté. Le « choc des cultures » n’est donc pas une fatalité, mais un passage transitoire qui souligne la nécessité de créer des espaces de rencontre et de dialogue.

Le retour à la terre : un phénomène européen 

L’enquête ne s’est pas limitée à l’étude du phénomène en France : un séjour exploratoire en Grèce a permis d’enrichir l’analyse. Là aussi, le retour à la terre se traduit par l’installation de jeunes urbains dans les campagnes, en tant qu’agriculteurs ou commerçants. « J’ai été frappée de constater la similitude des profils rencontrés. Cela a permis de confirmer qu’il y avait là un axe de travail à approfondir. », se remémore Emmanuelle Coratti. « Même si les histoires nationales sont différentes, les dynamiques européennes présentent des similitudes et gagnent à être étudiées ensemble. » 

Néanmoins, le phénomène n’est pas semblable en tout point. Par exemple, les motivations diffèrent : ce n’est pas la crise sanitaire, comme en France, qui a accéléré le mouvement, mais la crise économique grecque. Une génération en difficulté financière est partie à la recherche d’alternatives dans les campagnes. Autre différence : les politiques d’accueil y sont émergentes, et les chercheurs grecs participant au projet ont pu s’appuyer sur les résultats de l’enquête pour amorcer une réflexion locale sur le bon accueil des néoruraux. 

Xavier Remongin/agriculture.gouv.fr

Soutenir l’intégration des néoruraux 

Le projet Retour à la terre avait pour objectif, au-delà de l’analyse de l’intégration de nouvelles populations, d’élaborer des recommandations pour les politiques publiques en vue de faciliter l’installation de nouvelles populations dans les communautés rurales. L’enquête a ainsi mis en évidence six chantiers prioritaires pour améliorer l’accueil et favoriser une intégration durable des nouveaux habitants. 

  • Inscrire l’accueil dans le projet global de territoire, afin qu’il ne soit pas traité comme une initiative isolée mais comme un levier de développement partagé.
  • Multiplier les lieux et occasions de rencontre, de mixité et de convivialité et investir dans des projets de lien social et culturel pour créer du collectif. Aujourd’hui ces lieux de rencontres existent, mais ils restent à être mis en réseau.
  • Soutenir concrètement les projets, par des dispositifs d’accompagnement, de financement ou de mise en réseau.
  • Associer élus, habitants, associations et porteurs de projets à la définition et au pilotage des initiatives pour garantir leur légitimité et leur efficacité.
  • Renforcer les compétences, tant du côté des nouveaux arrivants que du territoire, en mobilisant les formations, le mentorat ou la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences territorialisées.
  • Agir sur la mise à disposition des terres, leur transmission et leur usage. C’est une condition essentielle pour pérenniser les projets agricoles et entrepreneuriaux, tandis que le foncier reste l’un des principaux freins à l’installation.

Partager les résultats et organiser l’accueil

Plusieurs productions structurent les acquis du projet. L’ouvrage Retour à la Terre et choc des cultures ? L’enquête, publié en avril 2025, restitue les analyses issues de près de 80 entretiens menés en France et en Grèce. Un guide méthodologique, élaboré avec les partenaires grecs, propose une démarche pratique aux collectivités et aux structures locales pour organiser l’accueil. Des recommandations stratégiques complètent ce travail, regroupées autour des six chantiers identifiés. Enfin, la diffusion des résultats s’est appuyée sur des séminaires, des rencontres multi-acteurs, des outils pédagogiques comme la « fresque du retour à la terre », et des contenus multimédias destinés au grand public. Une conviction émerge de ce projet : l’installation des nouvelles populations est une opportunité pour les territoires ruraux qu’il convient d’accompagner.

 

Communication Back to Earth

Revue ANIMERA

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Programme

ANIMERA1

Fond

FEADER

Temporalité

Date de début : 1 mars 2024

Date de fin : 31 mars 2025

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