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Dans les massifs, les commissariats et les Draaf au service de l’élevage extensif

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Publié le 20 octobre 2026 Mis à jour le 28 octobre 2026

Les cinq commissariats de massif (Alpes, Massif central, Pyrénées, Jura et Vosges) ainsi que les Directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) jouent un rôle pivot pour le pastoralisme : valoriser un modèle agricole vertueux, préserver des patrimoines paysagers uniques, faire dialoguer des acteurs dispersés sur des territoires immenses et accompagner le renouvellement des générations d’éleveurs. Voici quelques exemples concrets de leurs actions.

Vaches "abondances" à l'orée d'une forêt de sapins. Double boucle d'identification.
Vaches "abondances" à l'orée d'une forêt de sapins. Double boucle d'identification. / Pascal Xicluna/agriculture.gouv.fr

Fédérer des acteurs agricoles, culturels, touristiques et institutionnels autour d’une vision commune du pastoralisme et encourager une approche partagée de l’espace : telle est l’une des missions des commissariats de massif. Rattachés à l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), ils sont ancrés dans la loi Montagne de 1985, qui reconnaît les massifs comme des espaces dont le développement équitable et durable constitue un objectif d'intérêt national en raison de leur rôle économique, social, environnemental et culturel. Ce sont dès lors des acteurs clés des politiques de développement et de protection de la montagne. Sur le champ agricole, ils travaillent en lien étroit avec les Draaf. Pour illustrer comment leur action se concrétise face aux enjeux actuels et futurs du pastoralisme, deux exemples : le Massif central, plus grande prairie d’Europe et premier territoire pastoral de France, et le massif des Vosges, territoire de moyenne montagne où le pastoralisme structure à la fois l’économie agricole et l’attractivité touristique.

Faire commun

Premier défi à tous les massifs : faire coopérer des acteurs dispersés sur de vastes territoires. Dans le Massif central ; qui s’étend sur 85 000 km², sur quatre régions, avec 57 000 exploitations agricoles et au moins une exploitation dans chacune de ses 4 000 communes, le commissariat s’appuie sur le « Cluster Herbe ». Cette plateforme collaborative, animée par le Sidam (Service interdépartemental pour l’animation du Massif central), réunit depuis une dizaine d’années l’amont et l’aval des filières herbagères ainsi que les principaux organismes de R&D du territoire : chambres d’agriculture, organismes de recherche comme l’Inrae, enseignement agricole, Conservatoire botanique national, mais aussi acteurs représentatifs des territoires, ou encore des segments de la transformation et de la commercialisation. Ensemble, ils construisent des projets pour valoriser les atouts des systèmes d’élevage extensifs.

le Massif Central, vaste territoire et forte dispersion des acteurs :

85 000 km²

de territoire sur quatre régions

57 000

exploitations agricoles ciblées

sur 4 000

communes

Préserver un patrimoine agricole, culturel et paysager

Au-delà de la coopération entre acteurs, les commissariats et les Draaf s’emploient à préserver et valoriser ce que le pastoralisme produit : des paysages, des filières, une identité. Dans le Massif central, les professionnels travaillent à mobiliser le label « produits de montagne » pour mieux différencier les productions issues de l’élevage herbager. Une démarche portée jusqu’aux parlementaires dans le cadre de la prochaine loi agricole. 

Dans le massif des Vosges, c’est le paysage qui est au cœur de la stratégie et des adaptations au changement climatique. Les prairies et chaumes entretenus par les troupeaux depuis plus de 1 000 ans constituent la carte d’identité d’un territoire, mais aussi le socle de l’économie agricole et touristique qui repose sur cette alternance de paysages ouverts et boisés, incarnée par ses 51 fermes-auberges.

La vallée de la Bruche, au sud-ouest de Strasbourg, illustre ce que peut produire une action publique de longue haleine. Fruit d’une politique volontariste avec le recrutement d’un chargé de mission dédié depuis 30 ans, cette communauté de communes a installé 25 agriculteurs en trois décennies, soit un doublement du nombre d’exploitations. Un résultat que peu de vallées en France peuvent afficher. Le commissariat soutient cette dynamique via le financement d’ouvertures paysagères et l’appui aux associations foncières pastorales afin de favoriser leur essaimage à l’échelle du massif.

 

Accompagner les transitions

C’est sur ce socle de coopérations renforcées et de patrimoines valorisés que les commissariats cherchent désormais à construire les réponses aux défis actuels et futurs du pastoralisme. Dans les Vosges, le commissariat finance ainsi une étude de faisabilité pour un service pastoral à l’échelle du massif, pouvant apporter conseil juridique, agronomique et de gouvernance collective, pour structurer collectivement ce qui repose aujourd’hui sur des initiatives éparses. 

Dans le Massif central, le projet AP3C (Adaptation des pratiques culturales au changement climatique), intégré dans le Cluster Herbe, outille, quant à lui, les éleveurs face au changement climatique en leur offrant notamment une projection climatique fine à l’horizon 2050, vallée par vallée, pour anticiper les déficits fourragers et adapter la gestion des troupeaux.

2026, une année pour faire rayonner le pastoralisme

Les commissariats du Massif central et du Massif des Vosges ont conçu des programmes pour l’année internationale des parcours et éleveurs pastoraux autour des mêmes objectifs : faire dialoguer le monde agricole avec les habitants, les touristes et les acteurs culturels.

Dans le Massif central, le programme « Prairies nomades » rassemble les initiatives qui s’égrènent sur le massif tout au long de l’année. En octobre, lors du Sommet de l’élevage à Clermont-Ferrand, la Place de Jaude se transformera en vaste prairie ouverte au grand public.

Dans le massif des Vosges, le programme mêle transhumances, balades au départ des fermes-auberges, Nuit des musées pastorale et ciné-débats dans les lycées agricoles. La programmation culminera lors du Festival international de géographie de Saint-Dié-des-Vosges début octobre. Pendant trois jours, conférences, débats publics et expositions consacrés aux paysages nourriront des rencontres dédiées au pastoralisme au sein de cet événement.

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