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« Lorsque la dernière boulangerie ou épicerie ferme, c’est toute la vie du village qui s’arrête »

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Publié le 27 juin 2025 Mis à jour le 15 septembre 2025

Comment rouvrir une épicerie quand la dernière a fermé depuis dix ans ? Comment retisser du lien dans un village sans aucun commerce ? Comment créer des réseaux de citoyens engagés ? En 2024, le projet Terroir, porté par l’association Bouge Ton Coq, s’est emparé de ces questions. Lauréat de l’appel à projets Animera, lancé par le RNAR pour soutenir des initiatives mêlant alimentation, agriculture et ruralité en lien avec le Plan stratégique national, Terroir explore l’impact des commerces alimentaires citoyens dans les campagnes. Objectif : permettre à celles et ceux qui le souhaitent de créer des lieux pérennes, accessibles et inclusifs, capables de revitaliser les territoires ruraux.

Photo de Camille Subra
/ Bouge ton Coq, Camille Subra

Camille Subra est responsable du plaidoyer et communauté de Bouge ton coq et Anne Lascaux est post-doctorante rattachée au Laboratoire d’Études Rurales de l’Université Lyon II (LER).
 

Qu’est-ce que Bouge Ton Coq ?

Camille Subra : Nous sommes une association qui vise à redynamiser les zones rurales en recréant des services essentiels par l’engagement citoyen. En quatre ans, nous avons soutenu huit centres de santé et 200 épiceries participatives qui fonctionnent sans marge, sans salarié et sur la base du volontariat. Nous menons également des actions autour du bien vieillir dans les campagnes et sur la précarité alimentaire.

En quoi consiste le projet Terroir ?

Camille Subra : Ce programme comprend trois volets : une fresque pédagogique sur le “Mieux manger local” destinée au grand public pour expliquer de façon ludique les impacts de l’alimentation industrielle et valoriser les alternatives locales, un réseau national des commerces citoyens pour mutualiser outils, expériences et bonnes pratiques et une étude scientifique sur l’impact des commerces citoyens portée par le laboratoire d’études rurales de l’université Lyon II. 

Quels constats ont motivé la réalisation de cette étude ?

Camille Subra : En 2021, 62 % des communes ne disposent d’aucun commerce, contre 25 % dans les années 80. Nous nous intéressons à l’alimentation parce qu’on considère que lorsque la dernière boulangerie ou épicerie ferme dans un village, c’est toute la vie du village qui s’arrête. Bar associatif, épicerie participative, tiers-lieu avec volet alimentation, ce qu’on appelle un commerce citoyen : ce sont des réponses locales à l’abandon des campagnes. Avec TERROIR, on a voulu documenter ce phénomène encore peu étudié en conduisant une enquête dans plusieurs départements (Drôme, Ardèche, Bouches-du-Rhône...) L’objectif est d’éclairer ce phénomène social et d’analyser les conditions d’émergence et de pérennisation de ces formes de commerce dans les espaces ruraux.

D’après les premiers résultats, en quoi ces commerces répondent-ils aux enjeux alimentaires ruraux ?

Anne Lascaux : Ils reconnectent production et consommation en réactivant des circuits interrompus depuis les années 1990. Tout dépend, bien sûr, de ce qui est produit dans l’environnement immédiat, mais ils peuvent favoriser un approvisionnement plus local. Certains agriculteurs y trouvent un débouché direct. D’autres passent par des grossistes de proximité, capables de centraliser plusieurs producteurs. Pour pouvoir vendre leurs produits, les agriculteurs doivent s’engager dans la vie de l’épicerie, ce qui n’est pas toujours compatible avec leurs contraintes professionnelles. Ces lieux doivent arbitrer entre l’idéal du 100 % local et les réalités logistiques. Mais ces commerces de proximité accessibles à tous ont avant tout une dimension sociale : ils sont des espaces de citoyenneté locale, de rencontre et de discussions.

Une épicerie participative n’est plus seulement un magasin où l’on vient faire ses courses ; c’est aussi un lieu d’échange, de convivialité où de nouveaux projets de territoire émergent, sous l’impulsion des habitants.

Le soutien d’Animera était d’une durée d’un an. Quelles sont les perspectives pour Terroir à l’issue de cet accompagnement ? 

Camille Subra : Animera a été une opportunité précieuse pour initier la création du réseau Terroir. Nous souhaitons maintenant partager les enseignements de cette étude, diffuser largement la fresque du mieux manger et structurer un réseau actif des commerces citoyens. Des solutions existent partout : à nous de les rendre visibles. 

CAPITAL, par LEADER France

Autre lauréat de l’appel à projets ANIMERA, le projet CAPITAL, porté par LEADER France, vise à mieux articuler politiques agricoles, alimentaires et développement rural. Pendant un an, il recense les bonnes pratiques en matière d’économie circulaire, de circuits courts et d’alimentation locale dans les stratégies LEADER, en France comme en Europe.

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