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Outre-mer : les RITA, au cœur des transitions agricoles

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Publié le 15 juin 2025 Mis à jour le 1 octobre 2025

Cyclones, insécurité alimentaire, transformation des systèmes agricoles : dans les territoires d’outre-mer, l’agriculture affronte des défis multiples. Pour y répondre, les Réseaux d’Innovation et de Transfert Agricole (RITA) accompagnent les transitions par des solutions innovantes adaptées aux réalités locales.

Bananeraie
/ Pascal Xicluna, agriculture.gouv.fr

Les territoires ultramarins sont exposés de manière aiguë à la dépendance alimentaire, aux aléas climatiques et aux bouleversements agricoles. Créés en 2011, les Réseaux d’Innovation et de Transfert Agricole (RITA) ont pour mission de répondre à ces défis pour renforcer la souveraineté alimentaire des Outre-mer. Co-animés au niveau national par Chambres d’agriculture France, le CIRAD et l’ACTA, les RITA réunissent producteurs, chercheurs, techniciens, collectivités et instituts pour co-construire des réponses adaptées aux réalités locales, avec l’appui du Réseau rural national puis du Réseau national agricultures et ruralités (RNAR) depuis 2015.

Des réponses adaptées aux réalités du terrain 

Les défis sont nombreux dans ces régions qui cumulent des fragilités en matière d’agriculture et donc d’alimentation : jusqu’à 90 % des produits alimentaires y sont importés ; à La Réunion, 85 % des fruits et légumes viennent de l’extérieur ; le panier moyen peut coûter jusqu’à 65 % plus cher qu’en métropole, avec une alimentation qui représente jusqu’à 36 % du budget des ménages les plus modestes. Les nombreuses importations bouleversent les habitudes alimentaires puisque les produits ultra-transformés risquent de supplanter les produits frais avec des conséquences néfastes sur la santé des populations. La pression du changement climatique vient encore complexifier la donne : cyclones, sécheresses, érosion côtière fragilisent les systèmes de production – comme nous l’avons vu lors du cyclone Chido qui a frappé Mayotte en décembre 2024. Dans ce contexte, les RITA visent à expérimenter des techniques agricoles innovantes adaptées, à organiser leur transfert, et à lever les obstacles à leur adoption. Dans les départements d’outre-mer, les actions de ces réseaux sont intégrées au Plan stratégique National de la PAC. Elles sont le plus souvent cofinancées par le FEADER et s’inscrivent dans la même démarche que celle des groupes opérationnels du PEI-AGRI. 

Exploitation agricole

Des leviers concrets pour transformer les pratiques

Les initiatives portées par les RITA s’inscrivent dans une logique de proximité, d’autonomie et de résilience. À La Réunion, des plantations de canne à sucre intègrent des légumineuses entre les rangs pour réduire l’usage d’herbicides, enrichir les sols et freiner l’érosion. En Guadeloupe, des itinéraires techniques ont permis de relancer la filière maraîchère. En Guyane, le projet Cacao Guiana associe sélection variétale, agroforesterie et transformation locale. 

Mais les RITA interviennent également en situation de crise. Après le cyclone Chido, l’animation locale des RITA a participé à la cellule d’urgence alors constituée, des formations aux techniques de replantation des bananiers ont été proposées aux agriculteurs pour relancer les cultures. Dans une région comme la Martinique, où la banane et la canne à sucre sont soumises à des obligations règlementaires phytosanitaires européennes, le RITA martiniquais a travaillé sur les alternatives à la monoculture, les rotations, la reconversion agroécologique. À La Réunion, à l’occasion du séminaire DEPHY-Ecophyto-DOM en novembre 2024, une cinquantaine de participants de tous les départements d’outre-mer se sont retrouvés pour discuter des solutions concrètes afin de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires. Ils ont échangé sur le terrain avec les agriculteurs et les techniciens sur des techniques innovantes de gestion de l’enherbement des champs de canne.

Après plus de dix ans d’existence, ces réseaux ont prouvé leur utilité sur le terrain. Aujourd’hui, l’un des défis majeurs reste le transfert : comment faire passer une innovation de l’expérimentation à l’adoption concrète dans les exploitations ? C’est tout l’enjeu de RITA’ACTIOM, le prochain projet porté par l’animation nationale des RITA. Il mettra à disposition des acteurs ultramarins du transfert et de l’accompagnement agricole des ressources concrètes pour déployer et amplifier les innovations techniques et organisationnelles, au plus près des agriculteurs et agricultrices de nos territoires.

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