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Analyse des processus d'innovation des GO-PEI et de leur diffusion

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Publié le 3 juillet 2026

Financée par le Réseau national agricultures et ruralités (RNAR) dans le cadre de l’animation nationale du Partenariat européen pour l’innovation (PEI), l’étude « Analyse des processus d’innovation portés par les GO PEI et de leur diffusion territoriale » propose un regard inédit sur ces dispositifs déployés entre 2014 et 2022.

Réalisée par le Laboratoire d’études rurales (LER) avec Claire Delfosse, professeure de géographie rurale à l’université Lyon 2, Pierre Le Gall, enseignant-chercheur à l’Isara, Laure Courret et Coline Sauzion, ce travail de recherche s’est donné pour objectif d’étudier l’effet levier de ces groupes en matière d’innovation et développement territorial.

Les Groupes opérationnels du Partenariat européen pour l’innovation (GO PEI) s’inscrivent dans un contexte de transformation des politiques publiques agricoles et sylvicoles, de plus en plus régionalisées et sensibles aux enjeux agroécologiques. Les régions, devenues autorités de gestion des fonds européens, ont progressivement développé des stratégies différentes pour accompagner ces projets d’innovation.

Entre 2014 et 2022, plus de 300 projets ont été soutenus en France. Chacun a des approches différentes, adaptées à la diversité des problématiques rencontrées : certaines régions ont opté pour plusieurs projets de petites tailles, d’autre pour des dispositifs au financement plus important. Cette diversité a conduit les chercheurs à s’interroger sur les effets concrets des GO PEI : favorisent-ils réellement l’innovation collective ? Permettent-ils de produire des connaissances utiles aux professionnels ? Et comment ces résultats peuvent-ils être diffusés au-delà des groupes impliqués ?

Pour répondre à ces questions, l’équipe de recherche a mené une enquête qualitative et quantitative à partir de quinze études de cas réparties dans sept régions. Au total, 68 entretiens ont été réalisés auprès de porteurs de projets, chercheurs, agriculteurs, techniciens, collectivités et acteurs économiques. Les projets étudiés ont été sélectionnés pour refléter la diversité des GO PEI quant aux filières, aux tailles de collectifs, aux innovations et aux thématiques.

Comprendre les mécanismes de l’innovation collective

L’étude montre d’abord que les GO PEI jouent un rôle important dans la constitution de collectifs multi-acteurs. Que les sujets soient nouveaux ou déjà étudiés, souvent, la dynamique collective existait avant même la formalisation du projet. Les chercheurs soulignent également l’importance de la phase d’émergence ; un temps préalable au lancement du projet, qui permet aux partenaires d’apprendre à se connaître, de partager un vocabulaire commun et de construire ensemble les objectifs de leur programme. Cette étape apparaît déterminante pour la suite : les projets les plus solides sont souvent ceux qui ont pris le temps de construire une vision commune.

Le PEI impose la coopération entre différents profils d’acteurs, mais l’étude montre que cette coopération ne peut pas être uniquement formelle. Lorsque les partenaires opérationnels – agriculteurs, forestiers, structures de terrain – sont impliqués dès l'étape de définition des problématiques, les résultats produits sont plus concrets et plus facilement appropriables.

L’accès à la connaissance comme innovation

Au-delà des livrables techniques, l’étude met en évidence une autre forme de résultat : les apprentissages collectifs produits par ces démarches. Les démonstrations sur le terrain, les échanges entre pairs ou les expérimentations partagées favorisent l’appropriation des connaissances et transforment les pratiques professionnelles. Les chercheurs insistent sur un point : le chemin d’accès à la connaissance constitue en lui-même une innovation. La co-construction entre savoirs scientifiques et savoirs empiriques oblige chaque acteur à adapter ses méthodes et ses habitudes de travail. Cette dynamique contribue à faire évoluer les postures professionnelles et à renforcer les compétences collectives.

Toutefois, ces démarches restent exigeantes. Construire une gouvernance horizontale demande du temps, des compétences d’animation et des moyens humains importants. Les différences de temporalités entre recherche, expérimentation et activité économique compliquent parfois la coordination. Plusieurs acteurs interrogés évoquent également un risque d’épuisement lié à l’intensité du travail collectif.

Partager une méthode de travail

La question de la diffusion des résultats constitue un autre enseignement majeur de l’étude. Les projets qui anticipent dès le départ une stratégie de valorisation et d’essaimage semblent mieux diffuser leurs acquis. Mais les chercheurs observent que les GO PEI cherchent souvent moins à diffuser des solutions « clés en main » qu’à partager une méthode de travail et une manière de construire collectivement les connaissances. Dans cette perspective, les réseaux professionnels, chambres d’agriculture, instituts techniques ou associations jouent un rôle essentiel. Et pour assurer la continuité des dynamiques au-delà du temps limité des projets, les autorités de gestion régionales sont des acteurs clés.

Plus qu’un simple outil de financement, les GO PEI apparaissent finalement comme des espaces d’apprentissage collectif capables de faire émerger, dans les territoires, des manières inédites de travailler ensemble. Le partenariat européen pour l’innovation produit à la fois des innovations techniques et des formes nouvelles de coopération.

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Auteur - Autrice

Laboratoire d'études rurales

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