HAPPYTERR - Alliances paysannes innovantes et territoriales pour réussir le renouvellement du milieu agricole [MCDR]

    Terminé

  • National

  • Agriculture

  • Territoire et gestion de l’espace

  • FEADER

  • Réseau National Agricultures et Ruralités

Publié le 7 octobre 2022 Mis à jour le 8 octobre 2025

Porté par la CIAP Pays de la Loire, le projet HAPPYTERR a permis la mise en œuvre et l’évolution de dispositifs destinés à sécuriser les parcours d’installation agricole des personnes non issues du milieu agricole (NIMA) et de favoriser l’insertion sur les territoires. Les partenaires ont également mené une réflexion sur les SCOP en agriculture.

Associés dans l’EARL Les Primeurs des 5 sens, les maraîchers Marion Rupin et Pierre Gabreau commercialisent en circuit court une vingtaine de légumes depuis 2015 à Guipry-Messac (35). / Pierre Hybre, agence MYOP

Initié et financé par le Réseau Rural National (prédécesseur du RNAR), l’appel à projet MCDR vise à soutenir des projets collectifs, nationaux ou inter-régionaux en faveur de la ruralité et qui entrent dans le cadre des objectifs de la politique du développement rural européenne et bénéficient pour se faire de co-financement du FEADER. Deux appels à projets se sont succédé entre 2015 et 2022.

Être dans un environnement sûr, accompagné et formé par des professionnels, prendre peu de risques financiers tout en ayant l’opportunité de se confronter à la réalité du métier d’agriculteur, commencer à acquérir du matériel ou un cheptel, recueillir des premières références technico-économiques ou encore de gagner une légitimité auprès des pairs du territoire. Voilà en synthèse les bénéfices apportés par la Formation Paysan Créatif, les espaces tests permanents en maraîchage et en élevage et le portage temporaire d’activité : les trois dispositifs d’accompagnement de porteurs de projet en installation agricole expérimentés dans le cadre d’HAPPYTERR. Réunissant des partenaires du grand ouest, HAPPYTERR apporte des réponses à un enjeu majeur : le renouvellement des actifs agricoles. Par extension, le projet concourt à la redynamisation des zones rurales. "Des paysans nombreux, c’est l’élément clé pour des territoires vivants" juge Patrick Baron, directeur général délégué de la Coopérative d’Installation en Agriculture Paysanne (CIAP) Pays de la Loire.

Un public cible : les NIMA

Pour concrétiser cette ambition, HAPPYTERR s’était donné comme objectif de sécuriser les installations agricoles dites hors cadre familiales (HCF) et, en particulier, celles d’un public bien spécifique : les NIMA pour "Non issu du milieu agricole". "Pour renouveler les actifs agricoles, il faut obligatoirement des NIMA, c’est mathématique, assure Patrick Baron. Or, ces derniers n’ont pas les codes, ne connaissent pas les terres qui se libèrent, n’ont pas le soutien des banques ou des CUMA : il est nécessaire de les accompagner dans leur montée en compétences entrepreneuriales, leur intégration au territoire et leur parcours d’installation." "Notre souhait est qu’il y ait de plus en plus de politiques publiques pour soutenir ces nouveaux entrants dans la profession. Ils ont besoin d’un accompagnement spécifique, sur le temps long et en amont de l’installation. Grâce aux expérimentations et résultats d’HAPPYTERR, nous avons commencé à faire bouger les lignes de certains programmes de développement rural" se réjouit Pauline Latapie, directrice de la CIAP Pays de la Loire

Des outils en expansion

Grâce à HAPPYTERR, les trois dispositifs ont atteint une envergure inédite. "Le projet MCDR a été un outil de développement puissant qui a aidé à déployer nos dispositifs au-delà des Pays de la Loire" précise Pauline Latapie. Trois nouveaux espaces-test permanents en maraîchage et en élevage ont ainsi été créés dans le Maine-et-Loire, le Finistère et le Pays Basque, et la Formation Paysan Créatif a été déployée en Nouvelle-Aquitaine et en Bretagne. Quant au portage d’activité temporaire, il a pu être essaimé avec succès dans les Côtes-d’Armor. "Une réelle satisfaction, d’autant plus que notre partenaire financier historique a accepté de soutenir la CIAP 22. Ce dispositif est également en cours d’essaimage dans le Pays Basque." Autre réussite du projet : la reconnaissance par France Compétences de la certification des compétences professionnelles "Entreprendre en agriculture paysanne". "Lors de ces quatre années de projet, la collaboration avec nos partenaires a également enrichi nos dispositifs, poursuit Pauline Latapie. Le concept de groupe d’appui local (GALO), un collectif de personnes du territoire destiné à conseiller et soutenir le porteur de projet dans son parcours, a par exemple été pleinement éprouvé par les CIAP de Bretagne. Il nous sert de modèle aujourd’hui." Ensemble, les partenaires ont également travaillé sur les modalités d’accès aux moyens de production et fait évoluer les enveloppes de préfinancement proposées dans le cadre d’un portage d’activité. En Pays de la Loire, ils prennent désormais en compte le type d’activité du porteur de projet : 40 000 € pour la production végétale ; 60 000 € pour les élevages de petits ruminants, porcs ou volailles ; 80 000 € pour les bovins.

« Pour des politiques publiques qui soutiennent l'installation des NIMA »

Pour une reconnaissance des SCOP en agriculture

En dehors de l’essaimage et de la professionnalisation des trois dispositifs d’accompagnement, les partenaires ont également créé un Observatoire des installations HCF. Cet outil "positionne les CIAP comme des acteurs centraux sur le sujet du renouvellement des actifs agricoles" estime Pauline Latapie. Dans le cadre d’HAPPYTERR, les partenaires se sont enfin penchés sur un sujet d’importance : le statut des agriculteurs et les SCOP (Sociétés coopératives et participatives) en agriculture. Un modèle de société dans lequel les salariés sont les associés majoritaires et où les décisions sont prises démocratiquement. Réalisé en collaboration avec la Confédération Paysanne, ce travail a abouti à la création d’une formation de sensibilisation à la SCOP en agriculture ainsi qu’à des revendications pour reconnaître ce régime porteur de solutions.

3 préconisations

• Accompagner la phase de pré-installation en s’appuyant sur des outils qui ont fait leur preuve comme le portage d’activité.

• Ouvrir la Dotation Jeunes Agriculteurs (DJA) au plus de 40 ans et au statut d’associé-salarié.

• Faire évoluer la législation et la réglementation pour une pleine reconnaissance du régime SCOP agricole.

Ressources du projet

Tous les projets MCDR sont présentés dans la revue bilan hors-série

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La carte d'identité du projet

Porteur de projet

CIAP Pays de la Loire

Coordonnées

Coopérative d'Installation en Agriculture Paysanne
31 boulevard Albert Einstein
44300 Nantes
France

+33240208393

Programme

MCDR 2018

Fond

FEADER

Coûts

367 297 euros

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