Terroir : Des lieux de vies qui incarnent une ruralité choisie - ANIMERA1 Terminé National Environnement Alimentation Économie FEADER Publié le 27 mai 2026 Face à la désertification des centres-bourgs des villages ruraux, le projet Terroir explore comment les commerces citoyens peuvent redonner vie aux villages. Après un an et demi d’étude et de terrain, le projet livre ses conclusions. Il met en lumière le rôle structurant de ces commerces et leur capacité à recréer du lien social, dynamiser les économies locales et accompagner la transition alimentaire. Terroir dresse un état des lieux précis de ces initiatives et propose des pistes concrètes pour consolider leur développement. / Fresque Terroir/ Bouge ton coq Comprendre le rôle des commerces citoyens Mené sur plusieurs territoires ruraux, Terroir confirme que les commerces citoyens sont devenus bien plus que de simples lieux d’approvisionnement. Ces épiceries participatives, gérées collectivement, réinventent la vie du village en réunissant habitants, élus, producteurs et associations autour d’un objectif commun : redonner sens à la consommation et à la solidarité de proximité. Portés par les habitants et ancrés dans les villages, ces lieux répondent à des besoins concrets, avec des solutions souvent plus justes, plus durables et bien moins coûteuses que d'autres dispositifs. Leur force tient dans leur ancrage territorial : ils favorisent les circuits courts (on trouve 60 à 70% de produits locaux par épicerie), ont une gouvernance ouverte à tous les adhérents, et contribuent à maintenir des services de base dans les villages. Ils reconnectent production et consommation en réactivant des circuits interrompus depuis les années 1990. Les adhérents sont forces de proposition et participent au choix des produits mis en rayon. Ainsi, ces collectifs s’assurent de proposer tout ce dont ils ont besoin. La dimension sociale de ces lieux est centrale. Un magasin où l’on fait ses courses, bien sûr, mais aussi un lieu d’échange, de convivialité, où de nouveaux projets émergent sous l’impulsion des habitants. Ils incarnent une ruralité vivante et choisie, où il fait bon de se retrouver. Les chiffres sont parlants : 46 % de ces commerces organisent des soirées à thème et 35 % d’entre eux proposent de la petite restauration. Des lieux de convivialité à encourager Plusieurs indicateurs ont permis d’évaluer la réussite des commerces citoyens dans le cadre du Réseau Terroir : la nouvelle proximité des commerces (Terroir estime que le coût carbone évité par les épiceries représente la consommation moyenne de 550 français à l'année !), la mobilisation citoyenne, la hausse du nombre d’initiatives créées… Deux autres critères également pris en compte : la diversité et la qualité de l’offre alimentaire, en valorisant les produits locaux, de saison ou issus de l’agriculture biologique ; et la capacité de ces lieux à recréer du lien, dynamiser la vie du village et encourager des pratiques de consommation plus durables. Le projet a montré que le succès des commerces citoyens repose sur la mobilisation collective, l’implication des élus et une intégration étroite dans la vie du territoire, notamment agricole. Leur véritable moteur ? L’engagement citoyen et la dynamique locale. Il faut savoir l’accompagner en renforçant les structures d’appui capables d’apporter ingénierie, formation, mise en réseau et visibilité. En effet, partager des initiatives inspirantes permet à d’autres territoires de s’en emparer à leur tour. Le projet invite donc à développer des outils d’accompagnement et de financement adaptés pour garantir la continuité et la diffusion de ces modèles dans d’autres territoires. Il souligne aussi la nécessité de renforcer la coopération entre communes rurales pour mutualiser les ressources et consolider les initiatives existantes. « Nous souhaitons démontrer qu’il n’est pas si difficile de développer et de faire vivre des commerces de proximité en milieu rural. Si la mise en œuvre peut parfois paraître complexe, elle reste tout à fait surmontable », explique Camille Subra, de Bouge ton Coq. Thomas Hubert/agriculture.gouv.fr Des livrables pour diffuser et inspirer Parmi les réalisations marquantes du projet Terroir figure la Fresque du Mieux Manger Local, un outil pédagogique et collaboratif qui sensibilise aux enjeux d’une alimentation locale, durable et résiliente. À travers un jeu de cartes participatif, la fresque invite les 6 à 8 participants à réfléchir collectivement sur le parcours de deux produits, un steak haché industriel et un yaourt à la fraise, pour en analyser les impacts environnementaux, sociaux et économiques. Les participants identifient ensuite les alternatives locales déjà existantes : producteurs engagés, circuits courts, initiatives solidaires, restauration collective responsable… À la fin des 2h30 d’ateliers, chaque participant repart avec des pistes d’action adaptées à son quotidien, à son métier ou à son environnement. En reconnectant production et consommation, elle illustre pleinement la vocation de Terroir : faire du mieux manger local un levier de revitalisation rurale et de socialisation.« Animera a été une opportunité précieuse pour initier la création du réseau Terroir. Nous souhaitons maintenant diffuser les enseignements de cette étude et la fresque du mieux manger, et structurer un réseau actif des commerces citoyens. Des solutions existent partout : à nous de les rendre visibles », conclut Camille Subra. Terroir après Animera La fresque conçue dans le cadre du projet Terroir est un moyen ludique de partager les résultats de l’étude à différents publics. L’objectif, maintenant, est de la diffuser auprès de nombreux partenaires : la mutualisation des solutions ne peut être que bénéfique ! Les équipes mobilisées sur le projet Terroir espèrent, par ailleurs, que ce premier travail conduira à une coopération à l'échelle européenne. « Nous remercions le RNAR de nous avoir donné l'opportunité de théoriser ce que nous entendions des ruralités depuis de nombreuses années et espérons pouvoir continuer ensemble à œuvrer pour le développement rural », ajoute Camille Subra. Revue ANIMERA Tout les projets ANIMERA sont disponibles dans la revue Hors série ANIMERA. Lien vers la revue La carte d'identité du projet Programme ANIMERA 1 Fond FEADER Temporalité Date de début : 1 mars 2024 Date de fin : 31 mars 2025 Découvrez d’autres projets sur la même thématique Favoriser l'installation agricole et rural en construisant des imaginaires, des lieux et des réseaux - ANIMERA 1 Terminé TRESSONS : Outiller les acteurs agricoles et de l’ESS pour penser l’agriculture de demain - ANIMERA 1 Terminé CAPITAL : Un travail qui donne à voir les possibilités de LEADER dans l’alimentation - ANIMERA 1 Terminé
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