Préservation de l'élevage extensif, gestionnaire des milieux humides [MCDR] Terminé National Agriculture Environnement FEADER Réseau National Agricultures et Ruralités Publié le 7 octobre 2022 Mis à jour le 8 octobre 2025 Piloté par le Forum des Marais Atlantiques (FMA), ce projet MCDR a contribué à valoriser des pratiques extensives d’élevage en milieux humides et à la préservation de ces territoires aux écosystèmes riches mais sensibles. En baie de Somme, la création d’une filière viande bovine sous la marque "Baiede Somme Saveurs" assure aux consommateurs une origine contrôlée et contribue à promouvoir l’élevage extensif. / Matthieu Franquin Initié et financé par le Réseau Rural National (prédécesseur du RNAR), l’appel à projet MCDR vise à soutenir des projets collectifs, nationaux ou inter-régionaux en faveur de la ruralité et qui entrent dans le cadre des objectifs de la politique du développement rural européenne et bénéficient pour se faire de co-financement du FEADER. Deux appels à projets se sont succédé entre 2015 et 2022. "Notre rôle était d’assurer la coordination et l’animation d’un réseau d’acteurs à l’échelle de trois sites pilotes : les Marais du Cotentin et du Bessin, le Marais de Brouage et celui de la baie de Somme-plaine maritime picarde, rappelle Mélanie Bordier, responsable des projets agroécologiques au FMA. Malgré la crise sanitaire et les disparités entre ces territoires, la dynamique de travail collectif a été maintenue. Chaque site pilote a accueilli la rencontre annuelle des partenaires pour échanger autour des problématiques locales. Les trois projets de territoires se poursuivront au-delà de l’expérimentation et le FMA continuera de les suivre dans le cadre de la création d’un réseau national pour le maintien de l’élevage extensif en milieux humides." Fédérer les acteurs des territoires Le travail en binôme entre les collectivités et les Chambres d’agricultures a permis d’initier et de renforcer des dynamiques collectives et de mettre en œuvre le projet Elevage et Marais à l’échelle du territoire. En baie de Somme, le travail conjugué entre les éleveurs et la chambre d’agriculture a ainsi conduit à la création d’une filière viande bovine sous la marque "Baie de Somme Saveurs" qui assure aux consommateurs une origine contrôlée et contribue à promouvoir l’élevage extensif. Des zones humides aux nombreuses fonctionnalités "La préservation des milieux humides est aussi bénéfique au développement rural, poursuit la responsable de projet au FMA. Par ailleurs, le maintien du patrimoine paysager favorise l’attractivité du territoire, et donc des acteurs économiques". Outre ces "services culturels", les prairies humides offrent de nombreux autres bénéfices, à commencer par celui dit de "fourniture" grâce à une abondante production fourragère de qualité comme en attestent les suivis floristiques réalisés par Éric Kernéïs, écologue à l’INRAE et partenaire du FMA. En effet, les prairies humides, constituées d’une mosaïque végétale variée, connaissent d’importantes variations saisonnières qui offrent une ressource fourragère riche et diverse dans l’espace et le temps. Elles sont également garantes de la biodiversité et permettent une meilleure épuration de l’eau et stockent d’importantes quantités de carbone. Dans la continuité du projet AgriZH mené avec l’Université de Caen, un travail a été réalisé dans les Marais du Cotentin et du Bessin, mobilisant vingt éleveurs pour réaliser un diagnostic de près des 160 parcelles dont ils assurent la gestion. La connaissance et la mise en lumière des relations entre les différents services rendus par les prairies a débouché sur la création d’un livret d’évaluation des services écosystémiques rendus par les prairies de marais. "Cet ouvrage réalisé dans une logique de co-construction entre éleveurs, scientifiques et techniciens met en évidence l’interdépendance de ces territoires et de ces acteurs pour mieux appréhender et valoriser les prairies", souligne Mélanie Bordier. Afin de mieux évaluer la valeur économique de l’élevage en milieu humide, souvent difficile à quantifier, le réseau Pâtur’Ajuste porté par Scopela, partenaire des sites pilotes de cette expérimentation, a édité un guide technique intitulé Donner de la valeur par l’usage à chacune de ses parcelles. Cet ouvrage entend orienter les choix et les réflexions des éleveurs en matière de pratiques parcellaires, d’objectifs et d’évaluation des résultats. Un outil nécessaire comme l’expliquait Alexandre Loye, éleveur de vaches à Quend (80), lors du séminaire de restitution du projet MCDR le 15 mars 2022 : "Avec les outils traditionnels, la valeur économique d’une zone humide est toujours moindre que celle d’une prairie mais ce guide montre qu’il y a une adéquation possible entre la préservation de la biodiversité et la viabilité économique." « Une adéquation est possible entre la préservation de la biodiversité et la viabilité économique des systèmes herbagers extensifs » Encourager les installations agricoles Préserver l’élevage extensif et la grande diversité écosystémique des zones humides ne pourra se faire sans le renouvellement des générations. Pour pallier la crise des vocations que traverse le monde agricole, il est primordial de repenser la gestion foncière afin d’encourager les installations d’éleveurs. Dans le cadre du projet MCDR, l’Association foncière pastorale (AFP) du marais de Brouage a ainsi été créée en 2019. Elle encourage une logique de mutualisation entre éleveurs et propriétaires afin de faciliter l’accès au foncier et de mener des travaux d’intérêt collectifs (entretien du réseau hydraulique, réfection des barrières). Autre volet essentiel de l’expérimentation : les différents outils d’aides publiques agroenvironnementales (PSE, MAEC). Formé fin 2018, un groupe de travail commun aux trois sites pilotes a ainsi travaillé à l’élaboration d’une note de préconisations transmise depuis au ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. "Nous plaidons pour le développement d’outils financiers favorisant la rémunération des pratiques agroécologiques de collectifs d’agriculteurs. Nous souhaitons encourager les éleveurs à s’engager dans des démarches collectives, notamment en ce qui concerne les pratiques de fauche, de gestion des niveaux d’eau ou de gestion raisonnée du parasitisme." 3 préconisations • Favoriser et pérenniser les initiatives et les dynamiques collectives territoriales afin de préserver la pratique de l’élevage extensif et du pâturage. • Maintenir et reconquérir la biodiversité des zones humides. • Valoriser à pleine mesure des services écosystémiques rendus par ces milieux : production d’herbe, richesse floristique et faunistique, régulation de la qualité et quantité de l’eau, stockage de carbone, patrimoine paysager, tourisme… Tous les projets MCDR sont présentés dans la revue bilan hors-série Téléchargez la revue bilan La carte d'identité du projet Porteur de projet Forum des Marais Atlantiques Coordonnées Forum des Marais Atlantiques Quais aux Vivres 17300 Rochefort France +33546870800 Site du FMA Programme MCDR 2018 Fond FEADER Coûts 481 662 euros Découvrez d’autres projets sur la même thématique RNPAT, le Réseau national des projets alimentaires territoriaux [MCDR] Terminé Réseau rural ACS : ACSélérateur de transition agro-écologique [MCDR] Terminé Les territoires apprenants [MCDR] Terminé